
Pour prendre un exemple extrême : l'émetteur de France Inter à Allouis avait une puissance de 1 100 kW ; de quoi chauffer pas mal de logements ! La résistance électrique de l'antenne et des câbles qui l'alimentaient étaient négligeables et la quasi totalité des 1 100 kW étaient dissipés sous forme d'ondes électromagnétiques (c'est bien le but d'un émetteur radio), avec une portée de l'ordre de 1000 km.
Le grille pain est un exemple à l'opposé : il est conçu pour avoir une forte résistance électrique et une faible émission électromagnétique. La quasi totalité de l'énergie électrique consommée est dissipée en chaleur.
Nos installations de robot sont un peu entre les 2. Inévitablement la résistance électrique des fils dissipe une partie de l'énergie électrique en chaleur ; c'est une perte qui ne sert à rien ; il faut donc la limiter le plus possible, mais dans des conditions économiques acceptables (on ne va quand même pas utiliser des fils en or ou en argent comme certains câbles HiFi ésotériques !) ; le fil rigide de 1.5 mm2 semble, empiriquement, un bon compromis. Le reste de l'énergie électrique injectée dans les boucles par la base est dissipée sous forme électromagnétique ; c'est la partie utile, détectée par le robot. Plus la boucle est longue, plus cette énergie électromagnétique est "diluée" dans un plus grand volume et l'intensité du champ sera donc plus faible en chaque point de la pelouse. C'est comme la confiture ; plus la tartine est grande, plus la couche est mince

Cela explique sans doute en partie la distance maximale de 35 mètres, mais il y a un autre phénomène qui joue probablement un rôle plus important. L'intensité du champ électromagnétique diminue très rapidement avec la distance (avec le carré de la distance, en première approximation, mais en réalité c'est assez compliqué) ; à 50 mètres du fil, l'intensité est donc à peine la moitié de sa valeur à 35 mètres ((35/50)^2 = 0.49).
Idéalement il faudrait calculer le champ électromagnétique émis par les boucles en tout point de la pelouse, mais il y a bien 45 ans que je n'ai pas fait ce genre de calcul ; je ne m'en sens plus capable


